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Pourquoi une déclaration de cessation repart du guichet

Les motifs de refus et de régularisation du greffe, relevés un par un — et ce qui les distingue : presque aucun ne porte sur le fond, tous sur la forme.

Mise à jour le 3 octobre 2026. Les articles cités sont ceux du code de commerce, sauf mention contraire. Le droit évolue : ces pages n’en dispensent pas la lecture.

Le délai de 45 joursCaractériser la cessationLes pièces à réunirPréparer une déclarationLa date que retient le tribunalQui signe et déposeDéposer au greffe de ParisQuelle procédure demanderCe qui fait repartir un dossier

1.Ce qui fait repartir un dossier

Un dossier n’est presque jamais renvoyé parce que l’analyse est fausse. Il est renvoyé parce qu’un total ne tombe pas, qu’une liste manque, qu’un pouvoir nomme un cabinet au lieu d’une personne. Le délai de quarante-cinq jours, lui, continue de courir pendant l’aller-retour.

Ce qui suit est relevé sur la page du greffe de Paris, sur le dossier qu’il diffuse et sur l’article R631-1. Les motifs sont regroupés par ce qu’ils ont en commun, pas par ordre de fréquence : personne ne publie cette fréquence.

2.Les chiffres qui ne s’additionnent pas

« Tous les chiffres figurant sur les différents documents doivent être impérativement additionnés. » Un total qui ne correspond pas à son détail fait régulariser le dossier.

  • Les totaux par page et le total général de chaque intercalaire.
  • L’actif disponible et le passif exigible du formulaire, qui doivent égaler la somme de leurs annexes.
  • L’état chiffré des créances (article R631-1, 5°), qui doit égaler le passif exigible déclaré.
  • Un état du passif plus long qu’une page : chaque page finit sur « à reporter » et la suivante reprend sur « report ».

Dans la même famille : une somme négative là où elle n’a pas de sens — un passif exigible négatif, un effectif négatif — sur un état « certifié sincère et véritable ».

3.Les listes et les pièces

La liste nominative des salariés
elle est exigée : nombre, noms et adresses (article R631-1, 4° et 5°). Un effectif déclaré supérieur à la liste est une incohérence visible.
Les adresses des créanciers
l’état des créances nomme et situe (article R631-1, 5°). La ligne globale des salaires en est l’exception : elle ne nomme personne.
Les représentants du CSE
nommés dès qu’un CSE existe (article R631-1, 9°).
L’attestation sur les dix-huit mois
mandat ad hoc ou conciliation antérieurs, avec dates, juridictions et identités (article R631-1, 10°).
Le chiffre d’affaires du dernier exercice clos et sa date de clôture
exigés par l’article R631-1, 4°, et laissés en blanc plus souvent qu’on ne croit.
Les intercalaires
tous déposés, même vides, en l’indiquant.
Les pièces illisibles
une page scannée trop légère pour porter du texte ne se lit pas au guichet non plus.

4.La fenêtre de sept jours

Les états du 1°, 5°, 6°, 7° et 8° de l’article R631-1 sont établis à la date de la demande ou dans les sept jours qui la précèdent. La situation de trésorerie, elle, est demandée à moins d’un mois.

C’est le piège du dossier bien préparé : complet, exact, et périmé. Un dossier monté trois semaines plus tôt repart du guichet sans qu’une seule ligne soit fausse.

5.Le pouvoir, et la qualité du déclarant

« Le pouvoir se limitant à mandater un cabinet d’avocats sera refusé. » Il nomme la personne qui se présente, laquelle justifie de son identité et de son activité professionnelle. Le détail est ici : qui signe et qui dépose.

Dans le même registre, une déclaration faite par un gérant de fait, un associé ou un conjoint collaborateur sera refusée : seul le représentant légal, ou son mandataire muni d’un pouvoir, est habilité. Le registre ne publiant pas toujours une nomination récente, le greffe accepte le procès-verbal qui donne qualité.

6.Le tribunal, et les dates

L’incompétence territoriale
le dépôt se fait au greffe du siège. En cas de transfert de siège dans les six mois, seul le tribunal du siège initial est compétent, le délai courant depuis l’inscription modificative au registre.
Une date postérieure au dépôt
cessation d’activité, dissolution, mandat ad hoc, conciliation — et la date de cessation des paiements elle-même, qui ne peut jamais être postérieure au jugement puisque, à défaut d’être fixée, elle est réputée être celle du jugement d’ouverture.
Une date de naissance impossible
l’identité du déclarant est contrôlée au dépôt, pièce d’identité à l’appui.

7.Ce qui n’est pas un motif de refus

Deux idées fausses, et la seconde est répandue.

Le dépassement des quarante-cinq jours
le greffe de Paris n’en fait pas un motif d’irrecevabilité. Le dépassement expose le dirigeant à une interdiction de gérer (article L653-8) ; il n’empêche pas de déposer, et déposer tard vaut toujours mieux que ne pas déposer.
Le dépôt par la poste
ce n’est pas un refus, c’est pire : un dossier reçu par courrier ne pourra pas être traité. Le dépôt se fait au guichet ou par le tribunal digital.

8.Ce que nous n’avons pas vérifié

  • Tout ce qui précède décrit le greffe de Paris, relevé sur ses pages publiques et sur le dossier qu’il diffuse en 2026. Un autre greffe peut ne pas opposer les mêmes motifs.
  • L’article R631-1 et les articles cités n’ont pas été rouverts sur Légifrance pour écrire cette page.
  • Aucune fréquence n’est donnée : à notre connaissance, aucun greffe ne publie la proportion de dossiers régularisés, ni les motifs par ordre d’importance. Nous n’en inventons pas.
  • Le motif « documents illisibles » provient d’une source privée et d’une déduction, non d’une page de greffe.
  • Que la date de cessation ne puisse être postérieure au dépôt est une déduction de L631-1 et L631-8 : aucune page de greffe ne traite ce cas.

Ce que J-⁠45 en fait. La plupart de ces motifs sont des contrôles automatiques : les totaux confrontés à leurs annexes, l’état des créances au passif déclaré, l’effectif à la liste nominative, les sommes négatives, les dates impossibles, le pouvoir qui ne nomme personne, la liquidation demandée sans justifier l’impossibilité du redressement, et l’âge des pièces contre la fenêtre de sept jours. Ceux qui ne se lisent pas dans les données — le pli postal, la qualité réelle du déclarant — restent au guide de dépôt et à la décision du cabinet.

Ces pages disent la règle, pas votre cas : J-⁠45 ne fournit pas de conseil juridique et ne remplace ni l’avocat ni le mandataire.

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